Stéphane Courbit, président du conseil d’administration et actionnaire à 50% du groupe BetClic Everest, a vivement critiqué les autorités françaises pour avoir imposé « la pire des lois de jeux en ligne en Europe ». Il a nommé les niveaux de taxation « absurdes » et a suggéré que la législation française encourageait la fraude.
Dans des commentaires faits pour Le Figaro, Stéphane Courbit a déclaré:
« Le président et le gouvernement ont eu le courage de décider d’ouvrir ce marché. Mais la loi française est absurde dans son application. C’est la pire en Europe. Elle ne nous permet pas d’exister: nous sommes surtaxés, la portée des jeux autorisés est trop limitée et le taux de retour aux joueurs est trop faible ».
Le récemment rebaptisé Groupe BetClic Everest a commencé à afficher de bons résultats lorsque la nouvelle réglementation a produit ses premiers effets, principalement en raison de la Coupe du Monde. Pendant les mois de juin et juillet, le site a eu plus de 10,000 parieurs par jour, mais cette tendance s’est inversée en août et a continué à baisser en septembre, ne montrant aucun signe de relance.
« Le problème est le taux de retour aux joueurs imposé par la loi française. A ce jour, nous ne pouvons pas reverser plus de 85% de l’argent aux joueurs. Partout en Europe, et chez les opérateurs sans licence de France, le taux de retour est de 96%. Nous n’avons pas imaginé comment cela serait décevant pour les joueurs français, qui savent que les taux d’autres sites non-autorisés sont beaucoup plus élevés.
Dans les cinq premiers mois après l’ouverture du marché réglementé français, le montant total des paris sportifs a atteint 350 M €. Selon l’Arjel, le pari moyen d’un joueur par semaine, sur les sports, le poker et les courses de chevaux, a été au cours de ces cinq mois de 110€, en hausse par rapport aux 100€ au cours des quatre premiers mois.
« La législation française favorise plutôt la fraude », a ajouté le président BetClic. « Les joueurs savent qu’ils ont intérêt à jouer sur des sites qui ne sont pas autorisés et ils n’hésitent pas le faire. L’Autorité de régulation des jeux en ligne a annoncé que la loi avait réduit par deux tiers le nombre de joueurs des sites illégaux. Notre analyse est que les sites autorisés en France ne représentent pas plus de 30% de la valeur du marché. Arjel fait ce qu’elle peut, mais avec seulement 20 personnes chargées, il est impossible d’arrêter les sites illégaux.
Par comparaison, la Chine a annoncé la fermeture de 2.500 sites de jeux illégaux dans les quatre derniers mois. Mais il y a 40.000 employés chinois qui surveillent constamment l’Internet. La meilleure preuve que le marché illégal existe toujours, c’est que certaines sociétés cotées, qui ne respectent pas la loi française, ont publiquement montré de très bons profits au troisième trimestre.
« Aujourd’hui, il y a que des perdants. La loi doit évoluer plus rapidement ou elle risque de jeter le jeu en ligne entre les mains des opérateurs illégaux. BetClic Everest Group, le seul opérateur français, produit un quart de son chiffre d’affaires en France, mais il ne peut pas se permettre de vivre sur son marché domestique. Il est un handicap majeur, de s’étendre à l’étranger. La loi française, telle qu’elle est, empêche les groupes français de se développer, mais favorise les groupes étrangers. C’est un paradoxe ».